Décidément, l'activité cométaire n'est pas de tout repos actuellement. Après C/2007 F1 (LONEOS) la semaine dernière, c'est au tour de 17P Holmes de franchir la barre de la magnitude 6 et, donc, de devenir visible à l'½il nu.
17P Holmes est une comète périodique, qui revient tous les 6,9 ans virer autour de la bouée solaire. C'est ce qu'elle a fait au mois de mai dernier et, depuis, elle s'éloigne de l'astre du jour tout en se rapprochant de la Terre. Dans quelques jours, au début du mois de novembre, elle sera au plus près de nous à 1,62 unité astronomique, soit près de 240 millions de kilomètres !
Si vous regardez le site de l'Union astronomique internationale vous constaterez que la magnitude annoncée pour cette comète est de 16,8, elle devrait donc être près de 15 000 fois moins brillante que la plus faible étoile perceptible à l'½il nu dans un ciel d'un noir parfait !
Or, et c'est l'une des grandes joies que peuvent nous réserver les comètes, un énorme sursaut est en cours et son éclat est 650 000 fois plus fort que prévu ! Dans la nuit du 23 au 24/10, des observateurs – dont le français François Kugel – l'ont signalé à la magnitude 7 et, quelques heures plus tard, elle était visible à l'½il nu avec une magnitude visuelle estimée à 4.
Il est probable que le noyau de cette comète s'est brusquement fissuré, fragmenté ou que la matière qui le compose a subi un réarrangement gravitationnel à la suite de fortes tensions internes accumulées lors du passage au périhélie, ce qui s'est accompagné d'une énorme émission de vapeur d'eau et de poussières que le Soleil illumine.
En milieu d'après-midi, ce mercredi 24 octobre, Seiichi Yoshida – observateur japonais de renommée mondiale – signalait à 15 h 40 m (heure française) que 17P Holmes était visible à l'½il nu en pleine ville à Yokohama avec une magnitude qu'il estimait à 3,5.
Manifestement, nous assistons à un sursaut exceptionnel, et vous devez absolument tenter de la voir ce soir si les conditions météorologiques vous le permettent. L'éclat de la Lune pratiquement pleine sera un peu gênant, mais il ne vous empêchera certainement pas de la distinguer si le ciel est dégagé.
Ne vous attendez pas à voir une longue chevelure. A l'½il nu, 17P Holmes ressemble à une étoile et il faut un télescope pour distinguer une petite diffusion autour de son noyau.
Elle se situe dans la constellation de Persée, juste à côté de Lambda Persei, une étoile de quatrième magnitude (voir le schéma ci-contre). La constellation de Persée est visible actuellement au-dessus de l'horizon nord-est, deux heures après le coucher du Soleil. Elle est ensuite observable tout au long de la nuit ; à l'aube, retrouvez-la, loin au-dessus de l'horizon ouest.
Au cours de la nuit du 27 au 28, la Lune gibbeuse décroissante occultera une partie des étoiles de l'amas des Pléiades et elle sera alors à quelque 25° au sud de 17P Holmes.
Un peu d'histoire
17P Holmes a été découverte par Edwin Holmes le 6 novembre 1892 à Londres, alors qu'il observait la région de la galaxie d'Andromède (Messier 31) avec un télescope de 320 mm de diamètre. Les astronomes se sont aperçus par la suite que cette comète connaissait un sursaut d'éclat lors de sa découverte.
Il est intéressant de noter que, en 1893, près de 75 jours après sa découverte et alors que son éclat était en pleine décrue, 17P Holmes a connu un second sursaut qui a de nouveau augmenté considérablement sa magnitude pendant quelques jours.
En novembre 1892, le premier sursaut avait probablement atteint la magnitude 4 durant plusieurs jours. L'éclat de 17P Holmes avait ensuite baissé lentement et elle était restée visible à l'½il nu pendant près de trois semaines.
En 1892, le sursaut de 17P Holmes s'était produit 145 jours après son passage au périhélie – le point le plus proche du Soleil sur son orbite elliptique – ; le sursaut que nous pouvons admirer actuellement intervient 172 jours après le périhélie, ce sont donc des conditions très comparables.
Si le sursaut actuel se maintient entre la 2e et la 4e magnitude, 17P Holmes pourrait donc être encore très bien visible dans une semaine, lorsque la Pleine Lune aura quitté cette portion de la voûte céleste !
